Vive les listes citoyennes !
Quand la politique revient au bon sens, elle retrouve sa première mission : donner du pouvoir d’agir aux citoyen·nes.
La politique au sens propre du terme
D’après le dictionnaire du Larousse, la politique est une manière de gouverner, ce qui relève de l’exercice du pouvoir dans l’État.1 Le terme « politique » renvoie, par son étymologie, à la Grèce ancienne, où polis désigne la cité organisée, tandis que le terme politeia, dont l’équivalent français politie est d’un usage plus rare que l’anglais polity, signifie à la fois « constitution » et « ensemble des citoyens ».2
Donc, si nous devons faire notre propre définition, la politique est la gouvernance de la cité où les citoyens vivent, par les citoyens eux-mêmes. Or la « cité » est aujourd’hui la ville, le village ou la commune où les citoyens vivent. L’exercice du pouvoir est à l’origine celui des citoyens, mais depuis l’existence des républiques, même les plus modernes comme la Ve République française, ce sont les élus, représentants des citoyens, qui possèdent le pouvoir. Les élections permettent des changements de politique, mais le pouvoir reste aux mains des représentants, des élus, qui décident pour les citoyens, certains tenant leurs promesses électorales, d’autres non ou partiellement.
Nous arrivons aujourd’hui à une période de défiance, une période où les politiciens se renouvellent peu, où les politiques se ressemblent et ne semblent pas répondre aux attentes des citoyens. Nombre d’entre eux se détournent de la politique car ils ne se sentent pas écoutés, et sont spectateurs de jeux de pouvoir aux mains de quelques-uns qui sont prêts à tout, notamment à maintenir leurs promesses vaines pour garder leur place, garder le pouvoir, garder leur ego dans la lumière.
La réponse à cette défiance, pour nous, est le retour aux origines de la politique : la gouvernance de la cité par les citoyens qui y vivent. Pour cela, et depuis quelques années, des listes participatives ont vu le jour et ont chacune créé une nouvelle manière de gouverner en incluant les citoyens. Bien sûr, la méthode parfaite n’existe pas (pas encore !), et il appartient aux citoyens de se créer la leur, de la faire évoluer et de l’adapter localement en fonction de la pratique et des retours des citoyens eux-mêmes. Les listes participatives pour les élections municipales de 2026 sont de plus en plus nombreuses : elles étaient une dizaine en 2014, entre 400 et 600 en 2020 (dont Poitiers) 3, et encore plus nombreuses, sûrement pour 2026 (nous n’avons pas encore l’information exacte).
La démocratie participative prouve qu’elle fonctionne et répond aux besoins des citoyens aujourd’hui, mieux que la démocratie représentative. La démocratie participative, en rendant le pouvoir aux citoyens directement, permet un meilleur partage du pouvoir et un meilleur aiguillage des projets pour répondre directement aux citoyens. Bien sûr, plus la ville est grande, plus il y a de citoyens, plus il y a de chances que tous les citoyens ne soient pas satisfaits des décisions ; la démocratie représentative en fait aussi l’expérience. Mais l’avantage de la démocratie participative, c’est la recherche du compromis entre les différentes manières de voir les choses, et le fait de participer activement aux débats rend le compromis acceptable et satisfaisant, car le débat permet à chacun de mieux comprendre l’autre. Notre pensée ou notre idée peut ainsi s’adapter et se remodeler à partir des arguments avancés.
Cela a été observé au niveau local, mais aussi au niveau national via les conventions citoyennes (pour le climat, pour la fin de vie notamment). Elles ont été créées sans la conviction qu’elles fonctionnent, mais elles ont finalement donné des résultats : elles ont eu le mérite d’ouvrir le débat au grand public et de prouver que les assemblées citoyennes peuvent parvenir à un accord grâce aux argumentaires, même si, dommage, les promesses de reprendre leurs propositions dans leur intégralité n’ont pas toujours été tenues. Cette nouveauté a ouvert de nouvelles perspectives pour l’avenir démocratique au niveau local et national. C’est encore pionnier dans la manière de faire de la politique, mais cela promet une évolution de la gouvernance, car à chaque société qui évolue il faut que le système démocratique (donc la politique) évolue avec elle.
Aujourd’hui, les citoyens veulent une politique faite par eux-mêmes et pour eux-mêmes, en respectant l’opinion de tous·tes, et en replaçant le débat respectueux au centre de la cité, pour aboutir à des projets répondant au mieux à leurs propres besoins. C’est cela la politique : une constante évolution du mode de gouvernance cherchant à répondre aux problématiques de la société et des citoyens qui la composent.